Estrategia Internacional N 17
Abril 2001

MANIFESTE A LA NATION OUVRIERE, PAYSANE ET POPULAIRE
¡Préparer la grève générale politique avec barrages des routes!

Après les grands évènements d'avril et de septembre 2000, la bourgeoisie est restée dans une mauvaise situation. Le régime de domination instauré, en 1986, et basé sur des accords, des pactes et des compromis entre les différentes camaraderies de la classe dominante, se décompose rapidement à cause de la crise économique qui ne permet plus la coexistence pacifique des divers secteurs bourgeois.
La possibilité de la chute du gouvernement s'est transformée en un fait palpable durant ces deux grands évènements quant a fracassé l'Etat de siège, quand la population de Cochabamba a triomphé et quand le pays fut totalement paralysé durant plusieurs semaines par des barrages de routes.
Si le gouvernement n'est pas tombé ce fut à cause de l'absence de l'incorporation au combat des travailleurs qui contrôlent les grandes palanques de l'économie comme le gaz, le pétrole, les transports, les chemins de fer, l'électricité, l'eau , les banques et les usines.
Après de telles confrontations entre les classes, la bourgeoisie a lancé une contre offensive accélérée, essayant d'éviter coûte que coûte de déroulement des différents conflits sociaux sectoriels en entrant dans de nombreux processus de négociations et de répressions préventives. Ainsi, pour essayer de retrouver une nouvelle crédibilité et de fortifier le régime, le gouvernement a fait de nouvelles concessions aux secteurs bourgeois mécontents en distribuant 323 millions de $US (La Razon 27 Mars) pour la programmation de la dette des divers secteurs privé. Face à ce scénario, chaque jour que les travailleurs, les paysans et le peuple pauvre, nous perdons en lutte sectorielle ou simplement en espérant, la bourgeoisie gagne en recomposant ses institutions et en préparant ses appareils répressifs pour une nouvelle contingence ouvrière et populaire.(Pulso 23 Mars).
Les revendications des paysans du mois de septembre ainsi que les demandes de la population de Cochabamba, "de l'eau pour tous" n'ont pas été satisfaites. Le Pli Unique de la COB, tout comme les années antérieures, ne sera pas pris en compte ou à peine. Le mouvement des retraites d'Oruro a été désactivé pour quelques miettes de pain, celui de Cochabamba réprimé furieusement avant d'arriver à la moitié du chemin à La Paz, le mouvement des ouvriers de La Paz plusieurs fois réprimé par les gaz lacrymogènes de la police . La région des Yungas se militarise jour après jour. Il est nécessaire de terminer avec cette situation. Nous devons comprendre qu'aucunes des revendications des ouvriers, des paysans ou du peuple ne sera résolu par un gouvernement au service des banquiers, des patrons et du capital financier étranger. Nous devons préparer une grande lutte nationale qui à la différence des mois d'avril et de septembre, incorpore au combat non seulement les masses paysannes mais aussi tous les secteurs ouvriers de la ville pour que cette fois nous puissions expulser le gouvernement de Banzer et tous ses alliés du MIR, UCS etc. Divers secteurs bourgeois aspirent à un changement constitutionnel ou appellent à des élections anticipées. Ces diverses demandes se sont concrétisées lors du dernier congrès des chefs d'entreprises à Santa Cruz. Cependant, ces demandes ne représentent rien de plus que le dernier recours de la bourgeoisie, dans le cas ou tomberait le gouvernement de Banzer, pour sauver le régime garant de ses intérêts et pour continuer à exploiter le peuple avec un nouveau gouvernement du MNR. Tous les travailleurs, nous devons définir un plan de lutte qui permette d'imposer un gouvernement des organisations ouvrières et populaires qui surgiront à la chaleur des futurs évènements. Nous devons nous organiser pour que ce gouvernement réponde aux intérêts des grandes masses populaires, c'est à dire pour un gouvernement ouvrier et paysans.
Les travailleurs de tout le pays nous devons discuter rapidement un plan de lutte qui culmine en la grève générale politique avec barrages de routes et qu'une fois pour toutes impose nos justes revendications tant de fois niées. Pour la préparation de ce combat, il est indispensable que les organisations qui disent avoir un compromis pour de profonds changements, comme la COB, les différentes organisations syndicales paysannes dirigées par El Mallku , Alejo Veliz ou Evo Morales ainsi que la " Coordinadora del Agua y la Vida ", les syndicats ouvriers convoquent immédiatement à des assemblées sur tous les lieux de travail pour qu'il se discute la unification de tous les secteurs en lutte. Il est de vitale importance la préparation et l'organisation d'élections de délégués révocables et avec mandat sur tous les lieux de travail pour conformer un état majeur des travailleurs et du peuple qui ne peut être qu'un Comite National de Grève ou une Coordination Nationale pour la Lutte. Cette organisation devra lever un pli unique de revendications pour imposer le plan ouvrier d'urgence développe dans ce document. L'ébauche d'une coordination nationale, comme fut celle menée le 7 avril a Cochabamba, ne peut pas être réalisée dans le dos des travailleurs, des paysans et du peuple.
Finalement face aux tentatives de répressions de plus en plus dures du gouvernement, comme le démontre son plan de lutte de l'armée, nous devons lutter pour la dissolution de la police corrompue et de tout l'appareil répressif de l'état, pour l'organisation de comités d'autodéfense et l'armement indépendant des travailleurs. La Coordination de Cochabamba, la COB, la CSUTCB et tous les syndicats qui se réclament combatifs sont dans l'obligation de diriger la préparation d'une réelle Grève Générale Politique avec barrages de routes pour expulser le gouvernement de Banzer et pour imposer un gouvernement de transition des organisations ouvrières, paysannes et du peuple.